Communications

François Gentili, INRAP

Sophie Hohmann, INALCO

La représentation des républiques socialistes soviétiques, figuration, armoiries, activité économiques, alphabets, dans les propylées du pavillon soviétique de 1937

La redécouverte des grandes sculptures bordant l’entrée du pavillon soviétique de 1937 lors de fouilles archéologiques effectuées à Baillet-en-France en 2009 par l’Inrap permettent une étude détaillée des fragments de cette oeuvre monumentale de Tchaikov nommée « Les peuples de l’URSS », et illustrant la nouvelle Union soviétique de la Constitution Staline de 1936.

Cette communication a pour but, après avoir donné quelques clef sur le contexte et les aspects techniques de l’œuvre, d’aborder la question de la représentation de différentes républiques et de l’URSS en tant qu’entité globale, par les personnages, armoiries, alphabets, scènes de travail, activités représentés et de confronter ces représentations idéalisées à ce que nous connaissons des modèles.

Ludmila Budrina

Musée des Beaux-Arts d’Ekaterinbourg, Université Fédérale de l’Oural (Russie)

Les œuvres soviétiques en pierres dures à Paris dans les années trente
La Révolution russe et membre du Parti Communiste Français, il fut inhumé à Paris au cimetière du Père Lachaise. Aussitôt après son décès le MOPR, connu en France sous l’appellation de Secours Rouge International, lance un concours pour l’édification d’un monument funéraire.Le projet retenu a été réalisé en pierre semi-précieuse de l’Oural : sur le piédestal de marbre noir se dresse une colonne en rhodonite rose vif, dont la base est entourée par des blocs de jaspe rouge. Sur la rhodonite se détache un bas-relief en bronze représentant Henri Barbusse de profil. Cette combinaison des formes de l’architecture moderniste avec la tradition de la taille en pierre dure ouralienne, dans laquelle la simplicité des volumes s’accorde à la vivacité de la couleur rouge, se marie parfaitement avec l’esthétique communiste. Le monument, offert par les ouvriers soviétiques de l’Oural, fut inauguré en 1936.En même moment s’est concrétisée la participation de l’URSS à l’Exposition universelle de 1937. Elle a revêtu pour les organisateurs du pavillon soviétique une importance d’autant plus grande qu’elle coïncidait avec le 20e anniversaire de la Révolution d’Octobre. Pour cette occasion, tout le programme a été orienté vers la proclamation des progrès du régime installé par la révolution par rapport au régime précédent. On s’est donc efforcé de rivaliser avec les réalisations de la Russie impériale : faire mieux, faire plus vite, faire plus grand…Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le clou du pavillon de l’URSS ait été la carte de cet immense pays, intitulée « La carte de l’industrialisation ». Le but avoué de sa réalisation, souvent évoqué dans la presse de l’époque, était non seulement de représenter les succès du développement de la Russie, mais également de montrer la supériorité de ses capacités de production par comparaison avec la carte de France, chef d’œuvre des tailleurs de pierre dure offert à la République française lors de l’exposition universelle de 1900.Mais au-delà de l’apparence même de cette réalisation, le véritable enjeu sont les efforts remarquables de toute une branche de l’industrie qui fut mobilisée pour témoigner des réussites du système stakhanoviste. Le nom des cartographes, des artistes, des tailleurs de pierre, des facteurs de pierres précieuses et des joailliers mérite donc amplement d’être rappelé, de même que les liens profonds qui les unissent à la tradition des tailleries impériales, tout comme l’historique de l’élaboration de cet objet unique et de sa destinée après l’exposition.
Cristiana Volpi

Université de Trente (Italie)

Les pavillons de l’URSS aux expositions internationales de Paris de Paris de 1925 et 1937. L’architecture soviétique et les commentaires des Français
Les pavillons construits par l’URSS aux expositions parisiennes de 1925 et de 1937 présentent des formes bien différentes. Tous les deux frappent le public et font couler beaucoup d’encre dans la presse française, quand bien même pour différentes raisons, strictement liées aussi aux implications d’ordre idéologique. Pendant la période de douze ans qui séparent les deux réalisations, en effet, nombreux sont les changements qui se produisent au niveau politique et culturel en URSS, et que l’architecture, surtout quand elle est censée exprimer les caractéristiques d’un Pays, enregistre inévitablement. Par conséquent, si le modernisme du bâtiment conçu par Konstantin Melnikov pour l’exposition de 1925 représente la première apparition en Occident de la nouvelle architecture développée après la Révolution de 1917, par contre, l’œuvre de Boris Iofan en 1937 a plutôt des liaisons avec le « réalisme socialiste » qui caractérise la politique culturelle et artistique soviétique à la moitié des années Trente.A partir des documents conservés dans les archives parisiennes, cette communication se propose d’examiner l’architecture des pavillons bâtis par l’URSS à Paris en 1925 et en 1937 et de mener une réflexion sur le rôle qu’ils ont joué pendant les deux événements, le message esthétique et politique qu’ils ont essayé de transmettre et les nombreuses réactions qu’ils ont suscitées dans les commentaires des observateurs et des critiques français, par rapport aux questions de la modernité et des liaisons entre les arts (dont l’architecture, bien entendu), l’histoire nationale et la politique.
Olga Ryabchenko

Université de Kharkov (Ukraine)

« Presque tous les journaux écrivent sur le pavillon russe … » : Le pavillon soviétique à l’Exposition universelle de Paris en 1925 (en russe)
Hа Парижской выставке 1925 года советский павильон был в числе самых больших и принципиально выделялся не только содержанием размещенной в нем экспозиции, но и своим новаторским обликом. Павильон, который впечатлял прежде всего своей авангардностью, радикальностью художественных идей, приковал к себе всеобщее внимание. О самом павильоне, его идее и авторе написано много. Наше внимание сосредоточено на следующих моментах:На основании воспоминаний очевидцев и публицистики проводится анализ общественного резонанса вокруг экспозиции. Оценки были разными, от восторженных до враждебных («Стеклянная клетка для красного зверя», «Это единственный павильон на выставке, который стоит смотреть» и т.д.). Но главное, как отмечал Г.Лукомский в «Парижском вестнике», было достигнуто – «всегда вокруг павильона – толпа, и толпа подолгу стоит!»Поскольку в советском павильоне не было диференциации по национальному признаку, анализируются достижения украинских деятелей искусства (В.Меллер, Д.Демуцкий, С.Конончук, Л.Крамаренко, Е.Прибыльская, С.Делоне и др.), отмеченных высокими наградами и повлиявшими на утверждение нового стиля жизни в Европе. Эта тема сегодня практически не исследована.Прослеживается судьба отдельных экспонатов выставки, многие из которых на сегодня утрачены. Другие, как например, наиболее радикальную часть театральной экспозиции, сразу же увезли в Нью-Йорк на международную театральную выставку. Интересна и судьба павильона К.Мельникова, который был подарен Совету рабочих Синдикатов Парижа, восстановлен и служил профсоюзным клубом.
Pascal Pivard

Collectionneur

L’archéologie de grenier. Le pavillon soviétique au travers des bibelots de l’Expo 37
1937 : pendant six mois, le monde entier se donna rendez-vous en plein cœur de Paris pour la grande fête de la Paix que se voulait être l’Exposition Internationale des Arts & Techniques dans la Vie Moderne. Comme toutes les grandes manifestations mondiales de ce type qui contribuent, chaque fois, à un rapprochement mondial entre les peuples, ce grand rendez-vous des nations est rétrospectivement celui dont l’importance de cette intention était la plus urgente : la Rhénanie est remilitarisée, l’axe Rome-Berlin est déjà créé, les bombes au phosphore de l’aviation allemande au service de Franco ont détruit Guernica, la seconde vague des purges massives staliniennes a commencé, la démission du gouvernement Blum aura lieu dans quelques jours.Malgré tout, pour à peine six francs, de 9h à minuit, sur l’esplanade du Trocadéro ou dans les différentes annexes de l’Expo 37, on vient rêver, voyager, découvrir et s’amuser. Ce dont on se rend moins compte, c’est qu’on déambule au milieu de cet échiquier politique qui se met en place, et on rentre chez soit avec des petits objets publicitaires, véritables missiles de propagande discrets achetés dans les pavillons nationaux, forcément idéologiques.Notre propos sera de montrer le foisonnement de ce réel patrimoine mobilier concernant le pavillon soviétique, la fétichisation anticipative de l’ouvrier et de la kolkhozienne, créés pour l’évènement et restés des figures esthétiques de la grandeur de la Russie.Nous comparerons dans le même temps cette profusion volontaire d’objets et de documents avec le traitement publicitaire d’autres pavillons, avant de voir de quelle façon le pavillon de l’URSS a également put être pris pour cible dans la lutte anti-communiste.
Pierre Coutaz

Syndicaliste

Sous les plis du drapeau rouge
Plus que toute autre expérience politique, c’est sans doute la révolution d’Octobre qui a le plus et le mieux su parler au peuple par l’intermédiaire des arts et de la culture, trouvant support dans l’affiche, la peinture, la littérature, la musique, la photographie, le cinéma, les arts populaires…Le foisonnement artistique autour d’Octobre s’est autant appuyé sur l’enthousiasme des artistes de la jeune Union soviétique que sur la soif d’émancipation de populations longtemps maintenues dans un confinement culturel. Il a vu l’émergence de plusieurs mouvements majeurs de l’histoire des arts : futurisme dans la littérature et la poésie, constructivisme dans les arts graphiques, l’architecture et la photographie, réalisme socialiste dans la peinture, la sculpture et le cinéma, des années 20 aux années 30.Dans ces mouvements artistiques, le drapeau rouge occupe une place singulière : il apparaît dans les romans de Gorki, dans les poèmes de Maïakovski, dans les tableaux et productions de Deïneka ou Annenkov, dans les affiches de Klutsis, dans les plans architecturaux de Tchernigov et Tatline, dans les photomontages de Lissitsky, dans les photographies ou les films de Rodtchenko, Eisenstein ou Vertov.Paradoxalement, alors qu’il constitue l’un des objets les plus symboliques de l’URSS, le drapeau rouge, intéresse peu la recherche. Il a pourtant donné lieu à des expressions artistiques remarquables, sublimées par les artistes les plus talentueux de leur époque. Vecteur d’identification et de rassemblement, il a suscité une multiplicité de représentations, un mariage des techniques (broderie, arts graphiques, peinture) et des formes d’une richesse inattendue.La présente communication propose de livrer une histoire visuelle, critique, fractale et textile des « mondes soviétiques » en s’intéressant à l’improbable rencontre qui s’est produite en URSS dans les années 20 et 30 entre les artistes, l’histoire et la propagande sur l’étamine des bannières.
Vincent Desbrosse, Aline Faille, Stéphane Sindonino

INRAP

Mémoire(s) russe(s) dans la Marne
Au début de l’année 1917, des Russes étaient en Champagne et ils ont vécu à distance les bouleversements en Russie. Il s’agissait de soldats du Corps expéditionnaire russe envoyés sur le front ouest en vertu d’accords militaires passés entre le tsar et la France. La succession d’événements de l’année 1917 en Russie eut des répercussions sur le devenir de ces soldats.Une fois la guerre achevée, dans l’ancienne zone de front, la seule trace tangible de cette histoire était les sépultures. Dès l’Entre-deux guerres, elles furent le premier enjeu mémoriel et un lieu finit par concentrer progressivement toutes les inhumations russes : le cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand. Avec de nouveaux corps russes à inhumer à la fin de la deuxième guerre mondiale, fractures et blessures sont ravivées. En 1960, la visite du président Khrouchtchev et du général Malinowski dans la région furent l’occasion de remettre cette histoire franco-russe à l’honneur ; mais sous forme d’une parenthèse privée dans le cadre d’un voyage officiel. La perpétuation de cette mémoire a connu des vicissitudes au gré des évolutions du régime en URSS puis en Russie. Les initiatives généralement locales ont été plus ou moins accompagnées par les États. Après la disparition des acteurs et des témoins, plaques et monuments sont les derniers supports de cette mémoire. L’archéologie est désormais mise à contribution dans cette histoire. La communication s’attachera à montrer comment le souvenir de cette période s’est perpétué et matérialisé en Champagne, au cours du XXe siècle au gré des changements de régime, quels aspects ont été mis en avant et sous quelles formes.
Fabien Bellat

École Nationale Supérieure d’Architecture, Paris Val-de-Seine

Le rééquipement diplomatique à Paris
Une ambassade est à l’architecture ce que l’iceberg est à la mer : ce qui émerge cache au regard l’essentiel du volume réel. Et pour le régime à forte teneur idéologique qu’était l’Union soviétique, les ambassades dissimulèrent en outre derrière leurs façades des coulisses politiques souvent à la limite de l’espionite.Celle de Paris, conçue en 1974 par Igor Pokrovski (1926-2002) – un homme auquel le Kremlin confia nombre d’équipements stratégiques – fut en quelque sorte le navire amiral de la présence soviétique en Europe occidentale. Le dossier fut évidemment négocié au sommet entre les deux états : Brejnev et Giscard d’Estaing mirent au point un accord bilatéral permettant l’édification presque en simultané à Paris et Moscou de nouveaux complexes diplomatiques pour l’URSS et pour la France. Du côté Russe, un tel contrat n’était que la répétition de l’opération similaire menée en 1970 avec Washington. Dans les deux cas – tant aux USA qu’en France – les Russes se montrèrent meilleurs négociateurs que leurs interlocuteurs occidentaux… Suite à ces jeux du pouvoir, servant bien les attentes du MID, l’architecte sut faire parler à son édifice le « mentir-vrai », par un arsenal de trucages visuels faussant subtilement de l’extérieur la perception de l’ambassade soviétique.Les citadelles érigées par l’URSS au cœur des capitales de son adversaire américain et du plus ambigu interlocuteur français sont en vérité la face visible d’un ambitieux programme de rééquipement diplomatique à l’échelle mondiale, que l’équipe brejnévienne mena avec une onctuosité toute cardinalice, qui dissimula en fait le baiser des Borgia… Aussi, derrière les colossales travées de béton de l’ambassade d’URSS à Paris faut-il voir un monument-programme, qui sérialisa ce qui fut projeté ou réalisé à Bonn, Stockholm, Madrid, Islamabad, Nouakchott, La Havane… Langage moderne et puissance des masses ; l’image diplomatique ainsi obtenue révèle beaucoup sur le processus de glaciation du régime.Par ailleurs, ayant pu parcourir les espaces de réception, les bureaux, et même les sous-sols de l’ambassade russe à Paris, dans une certaine mesure je pourrais apporter un éclairage de l’intérieur sur ce bâtiment – qui dans le patrimoine français semble une magnifique anomalie.
Olga Kazakova

Institut du modernisme, Moscou (Russie)

L’architecture du modernisme soviétique en France (en russe)
Период «советского модернизма» (1955 – 1985гг.) в настоящее время представляется наименее изученным в истории советской архитектуры, хотя все больше привлекает внимание исследователей.Начиная с 1955 года, обращение советских архитекторов к работам западным коллег было фактически официально санкционировано Н.С. Хрущевым, и, после долгого времени фактической архитектурной изоляции, начался период «встраивания» советской архитектуры в мировой архитектурный контекст. Первый «оттепельный» этап советского модернизма может быть определён как этап заимствований из западной, в т.ч. французской современной архитектуры. Однако поздний советский модернизм представляет собой самостоятельный своеобразный стиль, один из образов которого – посольство СССР во Франции, находится в Париже. Комплекс посольских зданий был построен в 1978 году по проекту архитектора И. Покровского и др. Он представляет интерес и как выразительный образец архитектуры позднего советского модернизма, и как образец посольского здания в «советском» представлении об этом явлении. Кроме того, особого внимания заслуживает интерьер здания, разработанный командой художников и скульпторов, который может быть трактован как несколько чрезмерный и пост-модернистский. История проектирования здания и его интерьеров весьма любопытна, хотя на настоящий момент не описана.Ещё одним следствием снятия культурной изоляции при Хрущеве стало участие советских архитекторов в международных архитектурных конкурсах, в том числе – в конкурсе на лучший проект для района Дефанс в Париже (1982) , для которого оригинальный проект предложил архитектор Леонид Павлов. Проект не был воплощён, однако заслуживает внимательного рассмотрения как часть советского архитрудного наследия периода позднего модернизма, связанного с Францией. Помимо проекта Л. Павлова, предлагается рассмотреть концептуальные проекты и других советских архитекторов – участников конкурса.
Julien Monneau

Université Paris 7

Le musée Lénine à Paris
En 1985, les caméras de la chaîne de télévision française « Antenne 2 » filment la rencontre diplomatique entre le secrétaire général du P.C.U.S. de l’époque, Mikhaïl Gorbatchev – en visite officielle en France – et Georges Marchais, alors à la tête du P.C.F. L’entrevue, censée réaffirmer la bonne entente entre les deux partis, prend la forme d’un « pèlerinage » dans l’enceinte du musée Lénine de Paris, situé au 4 rue Marie-Rose, dans le 14e arrondissement.On connaît l’importance de la figure du père du bolchévisme pour le mouvement communiste international. Le choix du lieu – une institution patrimoniale implantée dans l’appartement même que Lénine occupa durant sa période parisienne, entre 1909 et 1912 – n’est pas anodin. En 1985, tout comme l’U.R.S.S. et le monde soviétique, le musée approche de son crépuscule ; il n’occupe guère plus qu’une fonction symbolique.À l’heure des commémorations du centenaire de la Révolution d’Octobre, il apparaît donc fort intéressant de se pencher sur le destin d’une institution patrimoniale qui a tenté d’apporter sa contribution à l’édification du mouvement communiste en France : comment le P.C.F. a-t-il cherché à patrimonialiser la figure de Lénine ? Comment est- on passé d’un lieu d’habitation à un lieu de patrimoine soviétique implanté en plein cœur de Paris ? Que pouvait-on y découvrir ? Quelle place le musée était-il censé occuper dans ce qu’il convient d’appeler la mémoire communiste ? Ou bien encore, quel fut son apport à celle-ci ?De son acquisition par le Parti français en 1955 jusqu’à sa fermeture définitive en 2007, nous allons ainsi retracer l’histoire d’un lieu qui, pendant près d’un demi siècle, était censé incarner en France les valeurs et l’idéal bolchevik de 1917.
Clarisse Lauras

Professeur d’Histoire-Géographie

Les gratte-ciels de Villeurbanne
1988, Philip Kaufman cherche un décor pour son adaptation éponyme du roman de Milan Kundera L’insoutenable légèreté de l’être. Villeurbanne deviendra, le temps de quelques scènes, Prague vingt ans plus tôt. Pourtant, hier comme aujourd’hui, rien ne met en avant cette image là de la ville, bien au contraire. Il faut revenir en 1934, Villeurbanne, 80 000 habitants, entre alors en grande pompe dans une nouvelle ère. Un mois de fêtes inaugure un quartier au nom prometteur, Gratte-Ciel, voulu par un maire socialiste hygiéniste qui croit à une thérapeutique urbanistique et dessiné par un architecte autodidacte méconnu, Morice Leroux. Composé de 1500 logements sociaux confortables répartis en deux tours jumelles flanquées de cages d’ascenseur vitrées, saillantes et futuristes et une avenue bordée de part et d’autres d’immeubles à gradins, d’une mairie au beffroi remarquable et d’un Palais du Travail avec théâtre, salles de réunions, piscine, brasserie – tout un programme dans une ville qui cherche à affirmer ses différences, réelles ou construites, face à sa proche voisine à la réputation bourgeoise, Lyon – , ce quartier apparait comme une œuvre d’avant-garde.Une construction de poutrelles métalliques qui suit les préceptes américains, un mécano bien vite habillé pour devenir un imaginaire du futur. Gratte-ciel… l’espoir d’une vie meilleure, de « scènes de la vie future » entrevues chez un allié admiré. Pourtant, le programme même, dans sa forme, ses fonctions – logement social, Palais du travail-, ses espérances, porte aussi les stigmates d’un autre grand voisin et cette architecture massive, cet « ensemble cyclopéen » de « palais ouvriers » n’est pas sans rappeler certains quartiers soviétiques.Mais la mémoire d’un quartier est facétieuse et se construit au gré des opportunités, des politiques. Alors que cette réalisation époustouflante s’anime à peine, le maire est débouté lors des élections de 1935 par un communiste. Celui-ci aurait pu, à bon compte, rattacher cet urbanisme au pays cher à ses idéaux politiques mais la politique locale prime et désavouer le prédécesseur et ses réalisations en est la clef. Le quartier reste donc, indubitablement, accolé à l’imaginaire américain et à un rejet forcené de ses idéaux.A travers cette aventure municipale se dévoile donc un projet qui puise son inspiration formelle et fonctionnelle tout à la fois du côté américain et du côté soviétique mais reste, d’abord pour des questions de politiques locales puis pour des questions de politiques patrimoniales rattaché à l’Oncle Sam. C’est donc ce « roman municipal » qu’il faut envisager pour mieux comprendre ce patrimoine aux allures soviétiques et ses enjeux. Mieux comprendre aussi, derrière cette bataille des mots et des origines, l’imbrication des échelles politiques et l’écriture d’un discours patrimonial fédérateur.
Emmanuel Bellanger

CNRS, Université Paris I

« Entre filiation, fidélité et renoncement :
l’URSS, la banlieue rouge et le monde des mairies communistes au XXe siècle »

La mythologie et le patriotisme soviétique ont imprégné l’histoire du communisme international. En France, des élus et des militants d’un territoire politique emblématique et mémoriel – la banlieue rouge – se sont réclamés de la filiation et de la fidélité à l’URSS. Au cœur de cette histoire de représentation, de propagande et d’affiliation politique, une ville s’est particulièrement distinguée. Elle a pour nom Ivry, capitale du communisme français, terre d’élection de Maurice Thorez, qui fut le secrétaire général du PCF et le député, durant trois décennies, de cette cité ivryenne décrite sous les traits d’une « municipalité française soviétisée ».La figure ombragée de Georges Marrane, moins bien connu que celle, tutélaire, de Maurice Thorez, sera au centre de cette communication. Georges Marrane, maire d’Ivry dès 1925, à la tête de sa commune pendant près de 40 ans, est le principal artisan de la reconnaissance du « communisme municipal ». Il est aussi, sous le Front populaire, le premier président « rouge » d’un conseil général, celui du département de la Seine, lorsque l’exposition internationale de 1937, qu’il parraine, est associée, dans l’imaginaire de la France rouge et militante, à l’anniversaire de la révolution d’octobre 1917.Nous suivrons ici le parcours, des années 1920 aux années 1970, de ce grand notable, pragmatique et apprécié de ses interlocuteurs souvent anticommunistes. Georges Marrane, viscéralement attaché à l’URSS, pense son action publique et la projette en France et en banlieue parisienne en se référant souvent aux réalisations de la « mère patrie du socialisme ». Son engagement municipal et ses réalisations le placent à la croisée de plusieurs manifestations, célébrations et réseaux internationaux d’élus, de réformateurs urbains, de mouvements (celui des HLM) et de fédération de villes. Il y entretient des liens de fidélité et d’échanges intellectuels avec l’URSS dont les jumelages ne sont qu’une expression. Georges Marrane donne aux rues et aux monuments de sa ville plusieurs noms qui commémorent l’amitié franco soviétique ; mais sous la contrainte de la realpolitik, le maire d’Ivry apprend aussi à se défaire d’une vision idéalisée, patrimoniale et idéologique des relations que la France rouge a nouées avec l’Union soviétique ?
Mikhail Ilchenko, Institute of Philosophy and Law of the Russian Academy of Sciences (Russie)

Anastasia Egorova, Ekaterinburg Academy of Contemporary Art (Russie)

 

« Uralmash comme « musée de l’utopie »: comment penser à l’héritage de l’urbanisme soviétique dans les conditions actuelles ? (en anglais)
The space of so-called “socialist cities” (sotsgorods) has shaped one of the essential parts of the Soviet urban planning heritage. This experimental practice of public housing followed the concept of an ideal social living in 1920-1930s and left behind a rich legacy presented not just by separate buildings or neighborhoods but by the whole urban residential areas and districts.Such situation shapes a serious challenge for understanding the very idea of “heritage” and requires new approaches to work with it. How these areas should be preserved and appropriated in order to keep up a rhythm of the living urban organisms? Are there any specific conservation mechanisms to fit these conditions? What are symbolic strategies to represent this heritage in a public space? And what is a role of the “Soviet” in such representations?Our research is based on the analysis of the preservation of the Uralmash sotsgorod in Yekaterinburg (Russia) which is compared with the preservation experience of the similar socialist settlements in Poland and Czech Republic. The Uralmash gives an illustrative example of how completely marginalized Soviet architectural area can acquire new meanings and become an “open-air museum” by means of multilateral work with the Soviet urban heritage: traditional preservation mechanisms, various artistic projects, social initiatives and different appropriating strategies.The study relies on the analysis of the local press and media, public debates on the preservation activities, urban development projects, artistic projects, documents and publications on the initiatives for cultural heritage preservation and interviews with local activists. One of our goals is to define whether there any universal tools of work with the Soviet urban planning heritage which could be applicable to different local contexts.
Chantal Dhennin-Lalart

Université Lille

Monumentalisme soviétique et actuels enjeux de la mémoire communiste à Bucarest, en Roumanie
La Roumanie fut un satellite soviétique relativement indépendant du fait de l’idéologie très personnelle de Nicolae Ceausescu. On pourrait imaginer que les productions monumentales n’y ont pas trouvé autant leur place que dans d’autres territoires plus conformes au modèle. Il n’en est rien : Bucarest a connu la tornade des destructions des logements et des bâtiments anciens pour ensuite voir s’élever des édifices destinés à montrer à la fois la force du régime roumain et la puissance du grand frère soviétique. Le centenaire de la Révolution d’Octobre 1917 offre l’occasion de penser cet événement au regard des productions monumentales dont Bucarest a été l’objet, et de mener une réflexion sur les enjeux multiples que soulèvent les traces encore présentes de l’Union soviétique dans tout cet espace d’expansion urbaine.Les signes architecturaux de la période soviétique à Bucarest sont nombreux, visibles et incontournables. On peut voir, d’abord, les très grands édifices staliniens dont les deux modèles les plus remarquables sont la Maison de la Presse et le Palais du Parlement . La Calea Moşilor, ensuite, est le signe d’une autre ambition : celle de l’alignement ordonné des rues rectilignes qui s’allongent avec des immeubles de prestige, mais avec un projet inabouti et complètement détourné de sa fonction première aujourd’hui . Enfin, le diagnostic archéologique ne saurait s’arrêter à ces territoires étonnants ; il faut aussi se rendre dans le quartier de Ferentari qui était, selon les plans et les programmes des années 1960, promu au rang de quartier populaire moderne ; le fiasco actuel est tel que ce Ferentari est un des plus grand bidonvilles d’Europe de ce début de XXIe siècle.Les espaces marqués par l’architecture soviétique sont donc nombreux. Leurs points communs sont en premier une sorte de naissance méthodique et ex abrupto d’un patrimoine qui a mal vieilli, plus que bien des bâtiments des périodes précédentes. La seconde caractéristique est que ces édifices sont les témoins d’une volonté d’urbanisation contrôlée des populations qui, avec ces perspectives larges et leur rassemblement, constitue une installation « sous l’œil du maître, à savoir la police politique du pouvoir central. Le troisième aspect, la dégradation des lieux de vie populaires, permet de mesurer comment le soviétisme architectural est, en ces années post-Ceaucescu, peu favorisé la conservation : leur contribution à l’histoire politique et sociale intéresse peu les urbanistes contemporains qui semblent peu sensibilisés par les symboles qu’ils représentent.I Les édifices staliniens de BucarestOrigine de ce mouvement architectural : le tremblement de terre de Bucarest qui a détruit de nombreux immeubles du centre ville et que le dictateur Ceausescu n’a pas voulu releverTechniques de construction, matériaux, innovationsUn patrimoine préserver pour glorifier non le régime de Ceausescu mais le travail des ouvriers de l’immense chantierII Les enjeux urbanistiques de l’architecture soviétique à BucarestConception collectiviste de l’aménagement urbain : le quartier de FerentariMouvance futuriste et répétitive

Collectivisation du logement de toutes les classes sociales

III La perte de sens des lieux patrimoniaux soviétiques à Bucarest

Entretien difficile du Palais du Parlement

Intégration de Palais de la Presse dans le capitalisme occidental

Misère populaire au lieu du futurisme heureux promis aux classes populaires besogneuses

Bilan

La présence architecturale soviétique en Roumanie en général, et à Bucarest en particulier, est devenue un double enjeu mémoriel : un signe du travail et des compétence des artisans et des ouvriers qui ont élevé en si peu de temps de tels quartiers et des édifices aussi imposants ; une trace de l’oppression heureusement annihilée grâce au courage de ceux qui s’élevèrent contre la tyrannie du pouvoir de Ceaucescu.

Des monuments récents et des actions nouvelles célèbrent la période de liberté qui s’est ouverte après le départ et la mort du couple Ceaucescu ; citons le monument et la colonne de la Paix en plein centre-ville, les visites guidées des lieux de déchéance de la dictature défunte, les tours des sociétés occidentales qui sont désormais le nouvel horizon, économique cette fois, du pays et de sa capitale.

Les traces de l’ère soviétique restent cependant, qui ont pris une autre forme, guère plus glorieuse : les bidonvilles, dont celui de Ferentari, sont le signe d’un hier non abouti, celui de l’intégration de tous, dans une société en route vers le progrès, au temps du soviétisme à la roumaine ; mais ces bidonvilles actuels sont aussi la marque de l’échec des nouvelles intégrations voulues, cette fois, par l’Europe communautaire qui laisse soit ces populations croupir dans la misère, soit s’enfuir dans la partie plus riche de l’Europe des 27.

Inna Kalita

Univerzita Jana Evangelisty Purkyně (République Tchèque)

Le patrimoine soviétique de la Biélorussie contemporaine (en russe)
Беларусь в представлении иностранцев сохраняет устойчивую стереотипную характеристику «самой советской из всех постсоветских». Cтрану часто называют «советским заповедником». Сильная «советская аура» современной Беларуси обусловлена историческими событиями ХХ века, она запечатлена в архитектуре, городской и сельской топонимике. В начале Великой Отечественной это был первый рубеж на пути большой войны, поэтому из всех республик бывшего СССР Беларусь оказалась наиболее разрушенной в плане инфраструктуры и человеческих ресурсов. Досоветский культурный слой был практически уничтожен, его заменила концептосфера Второй мировой войны, тесно связанная с общесоветской символикой. В Беларуси она заняла особое место в истории, национальной литературе и культуре.Топонимика пограничного Бреста и мемориальная композиция Брестской крепости заслуживают особого внимания. Брест (древнее Берестье (1019), Брест-Литовский, Брест-Литовск, Брест-над-Бугом (1921-1939)) – символический город-феникс, наглядно иллюстрирующий всю историю Беларуси. Также как мифическая птица, беларусские земли после достижения расцвета неоднократно уничтожались на корню и народ вынужден был начинать все с нуля.В советское время Брест называли «западными воротами советской Родины», город ассоциировался с надежностью – «граница всегда на замке». Основной символ города – крепость. Брестская крепость-герой – мемориальный комплекс, открытый в 1971 г. Это музей под открытым небом, крупнейший памятник советской эры на территории бывшего СССР. Архитектурно-художественный мемориал включает археологический музей «Берестье», руины старой крепости, законсервированные места боёв, скульптурные композиции и Площадь мемориалов. Использованные строительные материалы – бетон, железобетон, естественный серый камень и красный гранит гармонично вписаны в основной стиль мемориала – строгий масштабный монументализм.Брестская крепость в сознании людей, родившихся в СССР, является символом Великой Отечественной войны. Для брестчан – это воплощение не только советской истории. Во время строительства мемориального комплекса было обнаружено древнее городище XIII в. Сама крепость – архитектурный памятник середины XIX в., и символ героизма ХХ века. Таким образом визуальный осколок «советской цивилизации» является живым свидетельством многократного «переформатирования» беларусской истории, в которой минимально представлены древние исторические «срезы», а доминирующими нотами сегодня являются отголоски недавней советской истории.
Ekaterina Vikulina

Russian State University for the Humanities (Russie)

Lieux d’oubli : monuments soviétiques dans le cadre de la politique nationale de Lettonie (en russe)
 

В докладе рассматриваются история советских памятников и мемориалов в Латвии, попытка их «перекодирования» в новый период, поднимается вопрос того, какие стратегии выбирает власть в отношении советского наследия.

Фокус данного исследования – следы советского прошлого на территории Латвии, попытка переозначивания и переосмысления памятных мест, которые играют важную роль как формы сохранения и вытеснения памяти. Бывшие места памяти превращаются в ходе конструирования национальной идентичности в места забвения.

Принудительное забвение дает о себе знать как в виде физического уничтожения советских памятников, так и в попытке заполнить эти места новыми символами, в стремлении стереть неудобное прошлое из памяти города. Если памятники Ленину были снесены в первые годы независимости, то сейчас в обществе происходит дискуссия о том, что делать с военными памятниками советского времени.

Выбор акцентов, того о чем стоит умолчать, а что предъявить на обозрение, является своего рода официальным «менеджментом прошлого», политикой памяти, средством социального контроля и легитимации власти. Исследование представляет попытку ответить на вопрос того, как забвение участвует в формировании исторической памяти.

Frédéric Genevée

Responsable des archives du PCF

Archives du PCF, patrimoine soviétique, patrimoine national ?
Eric Lafon

Musée de l’histoire vivante, Montreuil

Présences de l’URSS dans le fonds J. Duclos, fondateur du musée de l’histoire vivante
La relation tenue entre le PCF et l’URSS n’est plus à démontrer. A Montreuil le musée de l’histoire vivante qui a ouvert ses portes en 1937, inaugure en 1967 une salle consacrée à la Révolution d’Octobre, l’année de la parution de l’ouvrage de Jacques Duclos, Octobre vue de France. Dans la collection Jacques Duclos conservée au musée, l’URSS et son histoire sont très présentes. Les albums photographiques de ses voyages, privés ou au titre de représentant de son parti, outre de nombreux ouvrages et revues présents dans sa bibliothèque, témoignent de son attachement, de sa fidélité et de son soutien inconditionnel à l’URSS – dont il ne se départ pas dans ses Mémoires – et participent de cette histoire communiste française de l’Union soviétique de 1917 à 1975.
Michèle Rault

Archives municipales d’Ivry-sur-Seine

Le fonds Thorez-Vermeersch des Archives municipales d’Ivry-sur-Seine : une collection d’objets et de cadeaux soviétiques
Au mois d’avril 1950, l’hôtel de ville d’Ivry-sur-Seine est investi pour exposer les cadeaux offerts à Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste français, à l’occasion de son 50e anniversaire. Le choix de cette commune emblématique de la banlieue rouge de Paris pour accueillir ces présents apparaît évident. Communiste depuis les élections municipales de 1925, ses habitants ont élu Thorez pour les représenter au Palais Bourbon sans discontinuer depuis 1932 et, au fil des décennies, la ville s’est imposée dans l’imaginaire du communisme français comme la capitale de la France rouge.En 2002, ces cadeaux – ou tout au moins une partie d’entre-eux – ont retrouvé le chemin de la mairie d’Ivry mais, cette fois, pour intégrer les fonds des Archives municipales selon la volonté des héritiers de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch. Délivrés de la charge symbolique introduite par le geste politique originel, répertoriés et conservés, ils peuvent être considérés comme un patrimoine au sens attribué par Krzysztof Pomian à une “réunion d’objets visibles investis de signification (sémiophore)” que se donne une société, ici la “contre-société communiste” formée par les militants qui avaient offert à leur dirigeant, du moins à leur principal représentant, des cadeaux chargés de multiples sens. Ces dons constituent désormais une collection définitivement “hors du circuit” militant pour, si l’on poursuit l’utilisation des grilles d’analyse de Krzysztof Pomian, “être exposés au regard” par le truchement d’un site internet qui leur est dédié. Ils sont également devenus des objets d’études pris dans leur ensemble, isolés ou juxtaposés avec des pièces comparables par leur nature ou leur contexte de production.Plus d’un millier de cadeaux sont ainsi réunis – objets fabriqués, albums photographiques, souvenirs, manuscrits, livres, tableaux… – provenant majoritairement des départements français mais également d’une vingtaine de pays étrangers. Dans le cadre de ce colloque, nous nous attacherons à valoriser ceux qui viennent de l’ex-URSS et ceux qui évoquent ce pays mythifié, ses dirigeants et ses réalisations en proposant une typologie heuristique qui devrait permettre de mieux appréhender le rapport que Thorez et les militants du Parti communiste français entretenaient au “pays de Zoïa” selon l’expression employée par les militants communistes pour désigner l’Union soviétique.
Vlada Boussyguina

Cité de l’architecture et du patrimoine

Archives de la Cité de l’Architecture
Le Centre d’archives du XXe siècle possède plus de 200 objets liés avec le sujet « russe ».On peut y distinguer 3 ensembles de fonds :1. Les fonds qui contiennnent des documents créés avant la Révolution de 1917 : fonds Béton armés Hennebique (environ 100 objets); fonds Richar (1 objet) et fonds de Boris Maslow qui ne possède pas de documents sur la Russie, mais qui est produit par un architecte originaire de Saint-Péterbourg.2. Les documents de la période après 1917 sont rythmés par les événements (ou portent un caractère événementiel ) : document lié à la construction du Tsentrosoiuoz (fonds Lyon); au concours du Palais des Soviets (fonds Perret); au concours du théâtre à Kharkov (fonds Honegger, Lyon); à l’exposition internationale de 1937 (fonds Perret); projets d’hôtels de luxe pour les Jeux olympiques de 1980 ( fonds Dufau)…On peut y rajouter aussi les documents du fonds de l’architecte francais André Lurçat qui a travaillé en Union soviétique de 1934 à 1937… Ainsi que des documents de caractère personnel comme des photos et des notes de voyages (par ex. Fonds Lods, Aillaud et autres…) ou des constructions uniques, comme l’agrandissement de l´Ambassade de France (fonds Belmont).3. Le troisième ensemble de fonds – est composé de fonds produits par les architectes francais d’origine russe: fonds Anatol Kopp et Garry Faif…Le fonds d’Anatole Kopp – est le fonds pertinent tant par le contenu de documents assemblés par Anatole Koop dans le cadre de ses recherches que par ses écrits qui ont contribué à la découverte du patrimoine architectural soviétique en Occident
Elena Orlova, Novossibirsk State University of architecture, design and art (Russie)

Maksim Prokopiev, Novossibirsk State University of architecture, design and art (Russie)

L’influence des conceptions urbaines des architectes français au début du 20e siècle dans les projets de « ville socialiste » en Sibérie, à l’exemple de Novossibirsk (en russe)
Формирование Советского государства, на пороге ХХ в., стало периодом масштабного строительства новых городов и активного роста и развития существующих. Серьезные культурные преобразования, отмена частной собственности на землю, внедрение плановой экономики, сформировали новые условия для разработки и осуществления градостроительных проектов. Особенно ярко это проявилось в Сибири, где масштабы перспективного строительства и романтика послереволюционного периода вызвали небывалую социальную активность различных слоев городского населения. Строительство транспортных путей, освоение месторождений, использование гидроэнергоресурсов на территории Сибири спровоцировали появление новых городов и поселений. В стране формируется потребность в комплексном рассмотрении градостроительных вопросов и решении архитектурных проблем в рамках единой концепции социалистического расселения.Смелые градостроительные идеи мировых архитекторов, оказали сильное влияние на советскую архитектурно-градостроительную мысль того времени и легли в основу многих проектов, в том числе реализуемых в Новосибирске. Иностранные специалисты активно привлекались к новому строительству, так например, в 20-30-х годах Ле Корбюзье не только приезжал, но и работал в России.Именно Новосибирску, благодаря своему выгодному экономгеографическому положению, было суждено сконцентрировать огромный народнохозяйственный и культурный потенциал Сибири, именно здесь получили свое яркое отражение градостроительные идеи и направления раннего советского периода. Достаточно сравнить план «Современного города» Ле Корбюзье и генплан соцгорода левобережья Новосибирска или сопоставить образный ряд того же «Современного города» с обликом новых советских городов и микрорайонов 1970-х годов.В докладе рассматривается влияние градостроительных идеи французких архитекторов, в частности: «Промышленного города» Тони Гарнье и «Лучезарного города» Ле Корбюзье, на формирование генерального плана города Новосибирска, анализируется развитие градостроительной мысли в Новосибирске в 20-30-х гг. ХХ века путем обзора архитектурно-планировочных решений генерального плана города.Исторический анализ влияния теоретических градостроительных концепций французских архитекторов, предшествующего опыта советской архитектуры позволяет нам, сегодня, посмотреть по новому на процесс формирования и развития современного города, в условиях активного развития информационных технологий, радикальных социальных и политических перемен в современной России.Потребность в технических средствах:(мультимедийный проектор и пр.): проектор, ноутбук.
Aurélia Dufils

 

Le château des métallos et les soviétiques : L’étonnant parcours du parc de loisirs de la CGT à Baillet de 1937 à 1970
Acquis en 1937 par l’Union Syndicale CGT des métallurgistes de la région parisienne, le parc de loisirs de Baillet se fait dans un contexte de renouvellement syndical porté par le Front populaire. Il connaît une fréquentation importante dès sa création en avril 1937 proposant diverses activités, camping, pêche, spectacles et fêtes populaires au sein de ses 90 hectares entourant son château du XVIIe siècle.Le don des propylées du pavillon soviétique de l’exposition Internationale de 1937 illustre les relations entre la fédération des métaux CGT et l’URSS, déjà active au temps de la CGT-U avec le don du pavillon de 1925. L’interdiction de la fédération des Métallos et la confiscation du Parc de Baillet en décembre 1939 sur fond de guerre et de pacte germano-soviétique transforment le lieu en un camp de rétention administrative, de fait un des premiers camps de prisonniers politiques réservé aux militants et élus communistes et syndicalistes où figurent quelques personnalités célèbres.Transformé ensuite en camp de jeunesse Pétainiste, le Parc voit au printemps 1941 la destruction « à coup de masse » du monument soviétique installé devant le château, au moment même où la Wehrmacht s’apprête à envahir l’URSS.Récupéré par le syndicat à la Libération le parc devient un camp de réfugiés soviétiques accueillant près de 500 personnes sous direction militaire soviétique, de nombreuses anecdotes émaillent cette présence des Russes à Baillet qui s’achève lors d’une fête franco-soviétique autour du socle des statues brisées. Dès 1945, l’acquisition d’une propriété voisine du parc de Baillet par la mission militaire soviétique, la villa des peupliers à Montsoult prolongera une présence russe à proximité jusqu’à nos jours. Le parc retrouvera un succès populaire et une fréquentation considérable jusqu’à la fin des années soixante devenant un haut lieu de la contre-culture syndicale durant la guerre froide.
Amaya Garcia

Université Autonome de Barcelone, Institut d’Histoire du CSIC, Madrid (Espagne)

La méthode d’Accouchement Sans Douleur en France et ailleurs : histoire d’un héritage soviétique
En 1953, l’obstétricien A. P. Nikolaev s’amusait à déclarer : « si la tête est en quelque sorte responsable de la douleur de l’accouchement, ce n’est pas la tête du fœtus mais celle de la mère ». Cette phrase condense l’esprit de ce qui allait devenir une nouvelle conception de la naissance et une méthode révolutionnaire de préparation à l’accouchement de portée internationale.Cette communication met en lumière la méthode de l’ « Accouchement Sans Douleur » dans une perspective transnationale et d’histoire sociale des pratiques scientifiques. Elle s’inscrit dans le cadre d’une thèse doctorale menée sur des sources archivistiques principalement espagnoles mais aussi françaises. Il s’agira de contextualiser la naissance de la « psychoprophylaxie » obstétricale en URSS ainsi que de s’interroger sur les raisons qui ont fait de la France l’endroit le plus propice pour la réception, l’institutionnalisation et la propagation de la méthode. Le cas de l’importation de la méthode en Espagne permettra, comme contrepoint, de nous faire réfléchir sur les enjeux politiques de la médicalisation du corps des femmes ainsi que sur la conceptualisation de la question du patrimoine au-delà du « matériel » pour l’inscrire dans un cadre plus large de circulation et transmission des savoirs, des pratiques et des expériences collectives de la santé. Voici un petit avant-goût !Face à la pénurie matérielle –notamment pharmacologique– et à la crise démographique que l’Union Soviétique subit après la Deuxième Guerre Mondiale, un groupe de psychiatres et d’obstétriciens travaillent sur la question de la douleur des couches afin de soulager les femmes et d’augmenter le taux de natalité national. Dans une logique Pavlovienne, si cette douleur n’est qu’un réflexe conditionné produit par une longue tradition historique de superstitions et de fatalisme biblique autour de la naissance, il n’y a qu’à reconditionner les femmes pour qu’elles accèdent à une expérience « dignifiante » de leur maternité, disaient-ils. C’est ainsi qu’en février 1951 une loi ministérielle instaure la méthode de l’accouchement sans douleur ou « psychoprophylactique » comme méthode officielle dans toutes les maternités de l’URSS. Cette initiative est à l’origine des cours de préparation à la naissance, qui se généralisent rapidement partout dans le monde : en Chine et en Europe de l’Est, du fait de la promotion de cette méthode par l’État soviétique ; et en Europe Occidentale puis en Amérique du Nord par l’entreprise de dissémination menée par l’équipe obstétricale de la Polyclinique des Métallurgistes, à Paris, de nos jours connue comme « maternité des Bluets ».Les enjeux de la transmission de cette méthode sont, toutefois, idéologiques autant que médicaux. Alors que l’équipe française, avec le soutien du Parti Communiste et de l’Union de Femmes Françaises, en fait l’étendard d’une science soviétique victorieuse, les États Unis intègrent la méthode – dès lors connue comme « Lamaze method » – tout en occultant ses origines soviétiques. Au Portugal et en Espagne, l’importation de la méthode dans des contextes totalitaires et éminemment catholiques s’apparente à un jeu d’équilibriste. Paradoxalement, c’est en URSS que l’Accouchement Sans Douleur rentre d’abord en déclin pour des raisons politico-administratives ainsi que proprement médicales. Une nouvelle approche de la naissance, néanmoins, s’est répandue dans une vaste partie de la planète et a imprégné le quotidien de millions de femmes et de leurs bébés.
Iryna Dmytrychyn

INALCO

Le buste Taras Chevtchenko à Paris
Taras Chevtchenko (1814 – 1861), poète et peintre romantique ukrainien, serait l’homme de lettres le plus monumentalisé au monde. En effet, depuis sa disparition, les communautés ukrainiennes à travers la planète érigeaient des monuments en son honneur en signe de légitimation de leur présence, alors que l’URSS l’a récupéré en rendant de multiples hommages à Chevtchenko tribun populaire et révolutionnaire.La France dispose de trois monuments Chevtchenko (à Toulouse et à Châlette-sur-Loing), mais seul celui de Paris est l’œuvre d’un sculpteur soviétique. Il a été érigé au terme d’une bataille livrée contre la communauté ukrainienne qui était à l’origine du projet né au lendemain de l’inauguration en 1969 du square Taras Chevtchenko près de l’église grecque catholique ukrainienne : elle envisageait y placer un buste du sculpteur ukrainien à la renommée internationale, O. Archipenko. C’est portant une parfaite réplique des monuments soviétiques de Chevtchenko, en vieillard farouche – cadeau de l’Association ukrainienne d’amitié et des liens avec l’étranger – qui sera installé en 1978.Je propose d’étudier la genèse du projet à partir des documents des archives municipales et des interviews des acteurs et des témoins des événements. La presse nationale (Le Monde, Libération, Canard enchaîné, La Croix, etc) et ukrainienne française et internationale, qui a largement rendu écho des protestations ukrainiennes (soutenues par les personnalités françaises dont Ionesco), sera également étudiée. En effet, l’inauguration précédée de nombreuses manifestations de la communauté ukrainienne, s’est transformée en une bataille rangée à laquelle la personnalité de l’ambassadeur soviétique de l’époque, en poste à Prague en 1968, conférait une dimension antitotalitaire supplémentaire sur fond des répressions politiques et religieuses en URSS de la fin de l’ère Brejnev. L’étude de la presse ukrainienne soviétique complètera le tableau, avec ses reportages et même un poème consacré à cet événement.L’installation du buste ayant été décidée dans le sillage de la visite de L. Brejnev en France et de sa rencontre avec J. Chirac, l’intervention sera l’occasion de se pencher sur la politique nationale de l’URSS, avec ses différentes phases. Quant au monument, qui trône toujours au square Taras Chevtchenko, à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue des Saints Pères, il est aujourd’hui le lieu de rassemblement de la communauté ukrainienne et des hôtes de marque venus d’Ukraine.
Natacha Laurent

Université Toulouse Jean-Jaurès

 

Moscou-sur-Garonne. Le patrimoine cinématographique soviétique en France : une histoire de cinémathèques
Fondé en 1964 par Raymond Borde, la Cinémathèque de Toulouse entre en contact, dès l’année suivante, avec le Gosfilmofond (Archive du Film d’Union soviétique, fondée en 1948 et située près de Moscou, à Belye Stolby). Cette institution soviétique, alors dirigée par Viktor Privato, abrite déjà l’une des collections de cinéma les plus riches au monde, qui compte un nombre très important de films soviétiques, mais également de films étrangers, et notamment occidentaux. Entre le puissant Gosfilmofond et la toute jeune Cinémathèque de Toulouse, dont la collection est encore très modeste, se met alors en place une relation originale, fondée sur la confiance et le partage d’une même passion pour le cinéma.C’est ainsi que l’archive moscovite se met à envoyer sur les rives de la Garonne, en petit nombre d’abord, puis de façon régulière et plus importante ensuite, des films phares de l’histoire du cinéma soviétique. La Cinémathèque de Toulouse devient ainsi, avec la Cinémathèque Royale de Belgique (Bruxelles) et la Cinémathèque Suisse (Lausanne) l’un des trois principaux lieux, en Europe occidentale, de conservation des cinématographies d’URSS. Et Raymond Borde aura toujours à cœur de programmer ces films, dans différents lieux et dans des occasions fort variées, faisant ainsi de son institution un acteur majeur de la valorisation du patrimoine cinématographique soviétique en France.Cette communication propose d’une part de retracer, des années 1960 aux années 1980, les principales étapes de la relation qui s’est nouée entre Belye Stolby et Toulouse, d’en identifier les acteurs et les modalités, et d’autre part de mesurer le rôle que cette collaboration aura eu dans la diffusion du cinéma soviétique auprès du public français.
Juliette Milbach

CERCEC EHESS

Quelle place pour la peinture soviétique dans les musées français ?
Des expositions diplomatiques (La peinture russe et soviétique, Musée national d’art moderne, 1960 ; 60 ans de peinture soviétique, Grand Palais, 1977) aux collaborations de l’année Russe en France (Lénine, Staline et la Musique, Cité de la Musique, 2010), on remarque une réception souvent positive de l’art soviétique en France. Pourtant, malgré ces manifestations éphémères, l’art de la période soviétique peine à entrer dans les musées français. Dans le cadre de cette intervention, nous proposons de réaliser une enquête sur les collections russes dans les musées français en concentrant notre attention sur un médium en particulier, la peinture. En effet, ce dernier souffre de forts préjugés liés à une certaine conception de la modernité en France dans laquelle domine l’abstraction. L’exemple récent de la donation, via notamment la Fondation Potanine, exposée au Centre Pompidou permet de revenir sur l’état des collections russes dans les musées d’art moderne et contemporain. Le rôle de l’ancien Musée du Luxembourg dans les années 1930 pour les russes de l’Ecole de Paris et les dons plus ponctuels des émigrés (Chagall, Kandinsky) mais aussi Malévitch ou Rodchenko au Musée national d’art moderne depuis sa création (1947) seront au cœur de notre analyse.On se demandera, ainsi que cela est visible dans l’accrochage actuel de Kollektsia !, pourquoi c’est l’art non-officiel qui est privilégié : y-a-t-il une volonté réelle de ne patrimonialiser qu’une seule part de l’art dans la seconde moitié du XXe russe alors même que plusieurs scènes se côtoient ? Ce choix est-il une spécificité française ? Quel pourrait être la place de l’art soviétique « officiel » dans les institutions en France ?
Natalia Prikhodko

CERCEC EHESS

Formes de présence de l’art « non-officiel » russe en Ile-de-France dans les années 1960-1980
Paris était une des destinations principales d’immigrations des artistes « non-officiels » russes à l’époque du socialisme tardif. Fuyant le régime soviétique, la surveillance et la censure, les artistes s’installaient en France (principalement en Île-de-France) pour pouvoir travailler et participer au débat sur l’art contemporain librement. Les artistes « non-officiels » russes n’ont pas produit de créations monumentales ou de manifestations qui ont marqué la vie artistique française. Pourtant, leurs activités artistiques menées en Île-de-France étaient décisives pour la communauté de l’art « non-officiel » à l’époque. Bien qu’éphémère et peu visible, leur présence en Île-de-France étaient très importante.A partir des années 1970 les artistes comme Oscar Rabine, Oleg Tselkov, Erik Boulatov s’installent à Paris où ils ont leurs ateliers jusqu’aujourd’hui. En 1976 Alexandre Grezer ouvre le « Musée de l’art russe en exile » à Montgeron qui fonctionne également comme une résidence d’artistes. Entre 1979 et 1986 Igor Chelkovski édite la revue de l’art « non-officiel » russe « A-Ya » à Elancourt. De différentes expositions de l’art « non-officiel » russe sont organisées à Paris dont les expositions personnelles d’Ilya Kabakov à la galerie Dina Vierny (1985) et d’Erik Boulatov au Centre Pompidou(1988), le projet « Avant-garde russe Moscou-73 » réalisée par Dina Vierny ou l’exposition des œuvres rassemblées et montrées par I.Chelkovski au centre d’art d’Elancourt. Les artistes russes trouvent aussi un intérêt et un soutien auprès des collectionneurs français parmi lesquels Dina Vierny, Paquita Escofet Miro, Jean-Jacques Guéron, Réné Guerra et d’autres.Je propose de retracer et d’analyser la topographie et les formes de présence de l’art « non-officiel » russe des années 1960-80 en Île-de-France pour comprendre, d’une part, pourquoi Paris était une repère importante pour ces artistes et, d’autre part, quelles étaient pour eux les possibilités et les contraintes du travail en Île-de-France et comment elles ont influencé le développement de l’art contemporain russe.
Gueorgui Chepelev

INALCO, Sciences Po Paris

Visiter, détruire, décrire. Les monuments soviétiques vus par les volontaires français de la Wehrmacht (1941-1944)
Entre 1941 et 1944 plusieurs milliers de Français incorporés dans les rangs de la Wehrmacht combattent sur le front de l’Est notamment au sein de la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF). Ils observent des monuments et des objets du patrimoine russe et soviétique, visitent les villes, églises et autres édifices, décrivent pillages et destructions et y participent, s’emparent d’objets d’art. Les expériences accumulées par les volontaires français seront reflétées dans la presse française, et après leur retour une vingtaine d’entre eux écriront et publieront leurs mémoires. Quel regard portent-ils sur la civilisation soviétique et ses monuments ? Diffère-t-il de celui des soldats allemands de la Wehrmacht ? Comment est-il façonné par la propagande nazie et l’héritage des guerres coloniales, par les débats autour de la construction socialiste dans la presse et les sociétés européennes des années 1920-1930 ? Comment s’inscrivent les mémoires de la LVF dans la lignée de récits de voyages des Occidentaux en Russie d’avant et d’après la guerre et quelle a été leur influence sur la vision de la civilisation soviétique en France ? Notre intervention propose de répondre à ces questions.
Frédéric Chaubin

Photographe

Photographie d’architecture et patrimoine soviétique : une vision rétrospective du phénomène CCCP
Comment invente-t-on le patrimoine ? Quelles sont ses stratégies de divulgation ?Quelles vertus recèlent les approches latérales et non-académiques ? Le parcours de Frédéric Chaubin y répond en partie.En dix années d’une investigation dilettante, ce photographe français, issu de la presse de mode, est parvenu à composer le contenu d’un livre désormais référent et à faire d’une certaine architecture soviétique jusque-là ignorée, un phénomène de mode.Entre expositions internationales, puissance marketing de l’éditeur et priorité donnée aux images et au parcours narratif, Frédéric Chaubin se propose d’élucider les ingrédients d‘un succès médiatique.
Irina Oboukhova-Zielinska Les représentations de la Révolution d’Octobre en Russie et en France à l’exemple de la création de l’artiste Iouri Annenkov (en russe)

Юрий Анненков был свидетелем Октябрьской революции и одним из первых создал впечатляющие образы этих событий. В 1918 г. иллюстрации к поэме А. Блока «Двенадцать» поразили современников, а позже стали классикой жанра. В 1923 г. книга была издана в Париже, а в 1925 г иллюстрации получили золотой диплом на Международной выставке декоративного искусства и художественной промышленности в Париже. Анненков был автором декораций и одним из режиссеров массового зрелища «Взятие Зимнего дворца» (07.11.1920), которое стало прототипом штурма Зимнего в фильме С. Эйзенштейна «Октябрь». В 1923 г. Анненков выполнил портреты советских военачальников. Огромный портрет наркомвоенмора Л. Троцкого выставлялся на XIV Венецианской биеннале в 1924 г. Портреты Троцкого работы Анненкова часто воспроизводились во французских журналах